Le mercredi 18 juin 2025 s’est tenue à l’Université Paris Cité, dans la salle des thèses, une journée d’études consacrée aux besoins en éducation et formation en Afrique subsaharienne, soutenue financièrement par les laboratoires EDA – Éducation, Discours et Apprentissages, unité de recherche (URP 4071) et CIRNEF – Centre interdisciplinaire de Recherche Normand en Éducation et Formation, unité de recherche (UR 7454). Placée sous la coordination d’Emmanuelle Voulgre, d’Olivier Grugier, de Jacques Béziat et de Djénabou Baldé, cette rencontre avait pour objectif de réfléchir collectivement aux conditions d’élaboration de réponses pertinentes aux appels à projets dans le champ de la coopération éducative, en tenant compte des contextes locaux.

Journée d’études du laboratoire EDA d’Université Paris Cité
 coorganisée avec le laboratoire CIRNEF, de Normandie Université
et la participation de l’Institut supérieur des sciences de l’éducation de Guinée (ISSEG)

Le mercredi 18 juin 2025, 45 rue des Saints-Pères, 75006 Paris
La salle des Thèses, 5ieme étage du Bâtiment Jacob

L’ouverture de la journée a été marquée par le mot de bienvenue de Mariam Haspékian, directrice du laboratoire EDA suivi de l’intervention d’Emmanuelle Voulgre. Cette dernière est revenue sur les organisateurs et l’intérêt du travail de recherche en Afrique. Elle est revenue sur les deux axes de la journée avant de remercier tous les participants qui ont pu faire le déplacement marquant ainsi leur engagement à la réussite de la rencontre.

La problématique au cœur de cette journée interrogeait la manière dont les projets éducatifs construits entre le Nord et le Sud peuvent répondre, de façon contextualisée, collaborative et durable, aux défis propres à l’Afrique subsaharienne. Organisée en deux temps, matin et après-midi, l’événement a mis en lumière les défis de la coopération éducative et ouvert des pistes concrètes pour la mise en œuvre et la durabilité des projets.

La première intervention, celle de Stéphane Lopez, directeur du département coopération en éducation de France Éducation International (FEI), a posé les bases : les difficultés croissantes de la coopération éducative, notamment en lien avec les enjeux interculturels, les instabilités sécuritaires au Sud et la nécessaire cohérence des projets entre bailleurs et bénéficiaires. Il a souligné que toute coopération efficace suppose une co-construction véritable, évitant l’imposition unilatérale de logiques exogènes.

Cette idée a été reprise par la Djénabou Baldé (ISSEG)[1] et Souleymane Condé (ISSEG), qui ont présenté un retour d’expérience sur un projet tripartite impliquant des chercheurs français, burkinabè et guinéens. Ils ont insisté sur le poids des logiques de financement, souvent inadaptées aux réalités africaines, et sur la nécessité d’impliquer davantage les experts locaux afin d’éviter une captation des ressources par les consultants internationaux.

Dans l’après-midi, les échanges ont mis en lumière les enjeux d’évaluation et d’adaptation. Juliette Fanjat (UPCité[2], EDA) et Jean-François Chesné (Cnesco) ont évoqué l’apport du Centre national d’étude des systèmes scolaires (Cnesco) au renforcement des évaluations PASEC en Afrique, tout en appelant à des instruments mieux adaptés aux spécificités africaines. Jacques Béziat (UCN[3], CIRNEF) a insisté sur la temporalité dans la création de diplômes en contexte Sud, en rappelant que toute action doit s’ancrer dans l’environnement local pour produire des effets durables.

Olivier Grugier (UPCité, EDA), à travers une étude de cas sur Haïti, a défendu une approche sensible aux pratiques sociales, notamment dans la conception de curricula. Stéphanie Gasse (URN[4], CIRNEF), pour sa part, a rappelé que le partenariat Nord-Sud, pour être fécond, doit se construire dans le respect des contraintes locales. Magali Jeannin a, quant à elle, plaidé pour une coopération libérée des schémas postcoloniaux, en appelant à des réformes structurelles porteuses de clarté et de justice dans les rapports entre pays partenaires.

Enfin, Cyrielle Le Her (UCN, CIRNEF) a livré un témoignage à la fois personnel et analytique sur son parcours de jeune chercheure engagée dans la coopération, évoquant les difficultés d’accès à l’expertise et les tensions entre logique de projet et logique de recherche. Sa réflexion pose une question clé : comment penser un cadre d’intervention dans les pays d’Afrique francophone, entre expertise et recherche ?

Enfin, Georges-Louis Baron (UPCité, EDA), grand témoin de la journée, a salué la qualité des échanges et réaffirmé son espoir dans la coopération internationale, rappelant que l’Afrique, riche de défis, est surtout riche de promesses. Il a fait remarquer que grâce à l’AUF plus d’une centaine de thèses ont été soutenues avec une montée en compétences des jeunes africains, gage d’une continuité aux différents types de recherche déjà menées en coopération. C’est sur ces mots de réussite que la journée a pris fin.

Synthèse écrite par Bilipo Patrick KPLELI (M2 SEF parcours CIEF, UPCité), Djénabou Baldé (ISSEG) et Emmanuelle Voulgre (EDA).

[1] ISSEG : Institut Supérieur en Sciences de l’éducation de Guinée

[2] UPCité : Université Paris Cité

[3] UCN : Université de Normandie, site de Caen

[4] URN : Université de Normandie, site de Rouen

Appel à article du numéro thématique de la revue Adjectif

Depuis cette journée scientifique, un appel à articles pour un numéro thématique de la revue Adjectif a été organisé. L’argumentaire en ligne https://adjectif.net/spip.php?article651 précise les enjeux ciblés : « Coopérer, collaborer, co-construire des projets de recherche entre pays francophones ». Les articles pour ce numéro sont désormais en cours de relecture par des experts du champs.

Retour sur les temps forts de la mission de Djénabou Baldé, chercheure invitée

Retrouvez le récit de Djénabou Baldé en cliquant ICI

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