Djénabou Baldé, chercheure invitée à l’UFR SHS du 10 au 25 2025 nous relate son séjour et les temps forts qui l’ont marqué.

Djénabou Baldé

PU, LIRE, Institut Supérieur en Sciences de l’éducation de Guinée

” Mon séjour à l’Université Paris Cité, du 10 au 25 juin 2025, restera pour moi une parenthèse féconde, faite de rencontres et de découvertes qui se sont enchaînées avec naturel. Tout a commencé par l’accueil de Florence Dupart, au service des Relations Internationales : derrière les formalités du programme « Professeur invité », j’ai mesuré combien une mobilité réussie tient d’abord à la qualité d’un accompagnement humain, patient, suivi de bout en bout. Cette attention discrète a donné le ton de tout le séjour.

Très vite, la vie du Département des Sciences de l’Éducation et de la Formation m’a ouvert ses portes. La matinée des doctorants, le 16 juin, fut un moment particulièrement vivant : autour de professeurs, de maîtres et maîtresses de conférences, de jeunes doctorants et doctorantes ont exposé des travaux d’une belle diversité, des colonies de vacances aux usages de l’intelligence artificielle, en passant par les enfants d’expatriés au Qatar. Ce qui m’a touchée, c’est la bienveillance des échanges : chaque présentation se prolongeait par des conseils méthodologiques, comme une communauté qui prend soin de sa relève. L’après-midi, le conseil de département m’a fait découvrir, plus concrètement, les défis d’une institution confrontée à la dématérialisation de sa gestion et à une concurrence vive pour ses postes et ses masters.

Le cœur de ma mission s’est joué au sein du laboratoire EDA, dans le compagnonnage de recherche avec Emmanuelle Voulgre. Ensemble, nous avons exploré LimeSurvey, et cet outil d’enquête respectueux des données personnelles m’a ouvert une réflexion essentielle pour la Guinée, où la protection des données reste à conquérir. Nous avons aussi avancé sur notre projet consacré à la formation continue des directeurs d’école, nourri par un entretien marquant avec une directrice d’école, et préparé notre participation au Colloque de Sonfonia en Guinée, prévu en janvier 2026. Ces chantiers, modestes en apparence, dessinent en réalité les fondations d’une coopération durable.

Parmi les temps forts, les deux journées passées à la DANE de Versailles, à Marly-le-Roi, m’ont enthousiasmée. Voir six collèges rivaliser autour du projet « Challenge ton code » et de la conquête de Mars, c’était assister à l’éveil de compétences précieuses chez de très jeunes élèves : l’esprit d’équipe, l’entraide, la persévérance face aux obstacles techniques. Le lendemain, lancée dans une Game Jam, j’ai vécu pour la première fois la création d’un jeu vidéo éducatif, inspiré de l’histoire de la petite boule de pain. J’y ai vu une voie féconde pour réconcilier les jeunes avec la programmation.

La journée d’études du 18 juin a couronné ce parcours. Consacrée aux besoins en éducation en Afrique subsaharienne, elle a réuni des chercheurs de plusieurs institutions, dont l’ISSEG, autour de la coopération Nord-Sud. Les mots du grand témoin, Georges-Louis Baron, résonnent encore : la recherche participative en Afrique est « un véritable sport de combat », mais la relève est assurée et l’avenir appartient à ceux qui sauront tisser des réseaux solides.

De ce séjour, je repars enrichie, convaincue que ces rencontres ont posé les bases de projets prometteurs. Je forme le vœu que l’accord-cadre entre l’ISSEG et l’Université Paris Cité soit bientôt signé, afin que tout ce qui a été semé en ces quelques jours porte durablement ses fruits, au bénéfice de nos deux institutions.

Je remercie l’ensemble des personnes que j’ai rencontrées et qui ont participé de près ou de loin à rendre possible cette mission.”

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