Moment clef de la formation en sociologie et en anthropologie, les stages de master 1 permettent d’initier les étudiantes et les étudiants à une expérience au cœur de leurs disciplines : le terrain d’enquête. 

Depuis 2019, le master Sociologie d’enquête organise chaque année en janvier un stage de terrain pour initier les étudiants de M1 à l’enquête ethnographique dans un cadre hors les murs. Pendant une semaine, les étudiants mènent leur travail d’enquête tout en étant accompagnés et encadrés par une équipe d’enseignants (suivant les années, ont été encadrant.e.s : Aude Béliard, Jennifer Bidet, Eric Dagiral, Jean-Sébastien Eideliman, David Gaborieau, Christophe Giraud, Cécile Lefèvre, Catherine Pugeault, Delphine Serre). Jusqu’à présent ce sont des villes portuaires qui ont été choisies : Boulogne sur Mer en 2019, Saint-Malo en 2020 et 2022 et La Rochelle en 2023. Le stage a exceptionnellement eu lieu à la Cité internationale étudiante de Paris en 2021 à cause du Covid.
La venue sur le terrain est préparée en amont par plusieurs séances d’atelier. À partir de recherches sur les caractéristiques socio-économiques de la ville retenue et sur la vie institutionnelle locale, les étudiants construisent petit à petit leurs sujets de recherche. Par groupes de deux, parfois trois, ils choisissent leur terrain d’investigation librement et l’adaptent en fonction de contraintes de faisabilité. Ils préparent en amont leur venue sur le terrain en prenant des premiers contacts par mail et des rendez-vous pour les entretiens. Les thèmes de recherche, toujours en lien avec le contexte social, économique et politique local, sont très variés et traitent aussi bien de problématiques liées au monde de la pêche que des questions relatives à l’engagement associatif, aux politiques municipales ou à l’aménagement urbain et aux pratiques culturelles.
 

Emma Lanarre : « La semaine de terrain à la Rochelle a été une expérience unique sur le plan humain et académique. Elle nous a permis de resserrer les liens au sein du master (entre élèves et avec les professeur.es) après un premier semestre difficile. Et depuis cette semaine de stage, je me sens beaucoup plus confiante pour la négociation du terrain de mon mémoire ! C’était une expérience géniale, et j’espère que tous les élèves du master pourront continuer à en profiter ».

 

Paul Michaud-Rossignol : « Le côté intensif du stage permet d’apprendre énormément en très peu de temps, notamment en s’appuyant sur l’expérience des enseignants pour surmonter des difficultés auxquels nous sommes confrontés durant le terrain. L’accompagnement personnalisé permet de cibler les points sur lesquels on a à progresser et d’échanger sur comment y parvenir. »

 

Sophie Segrestaa : « J’ai trouvé cette expérience très enrichissante car elle m’a permis de m’affirmer dans ma posture d’enquêtrice. J’ai beaucoup apprécié le mode d’encadrement des professeurs durant la semaine, qui nous accordaient des temps de liberté tout en nous accompagnant sur le terrain lorsque l’on en avait besoin ou envie. »

Le stage de terrain est aussi un incontournable en Master Anthropologie et ethnologie. Créé en 1947, il a été dirigé successivement par André Leroi-Gourhan, Hélène Balfet, Robert Cresswell, Philippe Laburthe-Tolra, Jeanine Fribourg, Jean-Pierre Warnier, Anne Raulin, Olivier Leservoisier et enfin par Philippe Chaudat. Cette année, c’est à Dieppe que les étudiant.e.s du master sont allés faire leur premier terrain d’enquête, du 15 au 22 janvier. « C’est une destination intéressante pour toutes les thématiques que cette ville portuaire permet d’aborder : la question de la pêche, la mémoire du débarquement des Canadiens, celle des tailleurs d’ivoire… Tout en étant proche géographiquement de Paris. », précise Philippe Chaudat.

Comme pour le master Sociologie d’enquête, la venue sur le terrain est préparée auparavant par plusieurs séances d’atelier qui permettent d’affiner le choix des sujets et de prendre les premiers contacts pour les futurs entretiens. Pendant la semaine de stage, les étudiant.e.s sont sur le terrain toute la journée et se retrouvent dans la soirée pour faire le point avec leurs professeurs, raconter leurs rencontres et exposer les informations recueillies.

Garance Dagher : « Ce stage en M1 apporte une dimension réelle à nos études, nous sommes confrontés aux difficultés comme au bonheur de rencontrer des interlocuteurs. Pour notre promotion, il me semble que la ville de Dieppe a aussi fortement joué sur l’accueil qui nous a été réservé, les habitants ont été chaleureux, aidants et curieux. A la fin de la semaine, tous nos sujets se croisaient car nos interlocuteurs se connaissaient et nous avons pu nous entraider. De mon côté, j’ai étudié un étal de poisson situé Quai Trudaine, le lieu de vente officiel de poisson dans la ville. J’ai pu me rendre compte que c’était un lieu où se rencontrent différents acteurs (patron, vendeuses, consommateurs, gendarmerie, presse, personnages politiques…). Il a permis de mettre en lumière les liens sociaux très forts entre les habitants de la ville de Dieppe. C’est une expérience qui restera marquée et je suis très touchée d’avoir pu vivre cela. »

 

Camille Garcia  : « La prise de contact, en réel ou au téléphone est impressionnante et peut faire peur… Mais justement, ce stage y a beaucoup aidé. C’était une expérience hyper enrichissante grâce aux gens de Dieppe, qui ont été très ouverts, aux autres camarades de promo (parce que nous nous entendions bien et cela a resserré nos liens) et bien sûr sur le plan méthodologique. J’ai l’impression d’avoir appris plus en une semaine qu’en plusieurs mois de cours théorique ! »

 

Apolline Perney : « Ce stage de terrain a été une révélation ou du moins une confortation dans mon envie de faire de l’anthropologie mon métier et ma vie. Dieppe, ville surprenante, m’a permis d’expérimenter le terrain et ce de manière très profonde. Malgré le rythme intense, la sensation de progresser, et l’effervescence du groupe compense la fatigue très vite ! Cet espace d’accompagnement et d’entraide, rempli de joie et de bonne humeur, m’a donné des outils et une confiance en moi, essentiels pour mon terrain en Amérique Centrale. Moins perdue, moins dans l’inconnu et plus sûre de moi, une grosse partie du travail a été fait à Dieppe ! »

Pour aller plus loin

 

Chaque année, le stage en sociologie d’enquête donne lieu ensuite au travail d’écriture d’articles, moment également important de la formation. Ces articles font l’objet d’un recueil sous la forme d’une revue annuelle du Master Sociologie d’enquête.

  1. Boulogne-sur-Mer : sociologie d’une ville portuaire
  2. Saint-Malo : sociologie d’une ville portuaire

Découvrez l’article de Philippe Chaudat et Olivier Leservoisier : « De l’apprentissage du terrain au terrain comme apprentissage. L’expérience d’une pédagogie inversée », revue émulations.

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