L’UFR a le grand plaisir d’accueillir Federico Montanari, professeur en sociologie de la culture et en communication et en sémiotique à l’université de Modène-Reggio Emilia, en tant que chercheur invité international (session 2025), du 24 novembre au 10 décembre 2025.
Federico Montanari enseigne la sémiotique des médias et la communication visuelle à l’université de Modène-Reggio Emilia, à l’ISIA-Design Rome-Pordenone, à l’université de Bologne ; auparavant à Bolzano, à l’Iulm Milano, à Polimi, à Roma-La Sapienza et, en tant que professeur invité, à l’université de Californie à San Diego. Son principal domaine de recherche est la sémiotique et la sociosémiotique, avec un intérêt particulier pour les études sur la guerre et les conflits d’un point de vue sémiotico-culturel. Dans ce domaine, il travaille également sur les relations entre l’analyse visuelle et spatiale et les conflits, mais également sur les études des médias. D’un point de vue plus théorique, il s’intéresse à la théorie sémiotique de la perception et à ses liens avec la philosophie contemporaine (Deleuze, Guattari et le poststructuralisme).
Dans le cadre de l’invitation formulée par Juan Alonso Aldama et le laboratoire Philépol, il assurera des cours sur la sémiotique des études urbaines auprès des étudiants du Master 2 Expertise en sémiologie et communication les 1 et 4 décembre, une intervention au séminaire international de sémiotique le 3 décembre sur « Automatisme et stéréotypie » et un atelier doctoral sur « Deleuze et la sémiotique » auprès des doctorants en sémiotique le 9 décembre.
Sa présence à l’UFR est également portée par l’intention de construire un projet de recherche au niveau européen sur la sémiotique de la guerre. En effet, il cherche à étudier de nouvelles formes hybrides de guerre dans une perspective sémiotique. La recherche aura comme “corpus” de travail les situations de conflit récentes en Ukraine et à Gaza. Elle aura aussi comme objectif l’étude des implications de ces deux guerres pour les formes de communication et du discours politique, à travers des analyses sociosémiotiques.
Plus précisément, l’intention de cette proposition est de partir de certaines prémisses théoriques de type culturologique et sémiotico-culturel, afin d’étudier les formes de la guerre, et spécifiquement de la bataille actuelle, en référence surtout à la guerre en Ukraine ; dans une comparaison avec la situation générale de “guerre globalisée” (Morin), ou de guerre mondiale “en morceaux” (Pape François, et auparavant Khaled Fuad Allam), avec les cas de Gaza, de la Mer Rouge, etc. Il s’agit tout d’abord de reprendre quelques modèles polémologiques (dans une comparaison entre la sociologie de la guerre et des conflits, avec des chercheurs comme Joxe, et ceux issus de l’étude des relations internationales, notamment la sphère de ce que l’on a appelé la “Géopolitique critique” ou nouvelle géopolitique discursive, avec des auteurs comme Gerald Toal, et capables de prendre en compte les sphères rhétorico-sémiotiques et précisément discursives des conflits). Ensuite, à travers quelques exemples et études de cas, on en vient à l’analyse des modes relatifs de représentation et d’autoreprésentation des acteurs sur le terrain (discours de certains leaders ou représentants politiques et idéologues, etc.) ; et, concrètement, des manières de présenter et de construire les espaces de conflit, son propre espace, l’espace des autres, l’idée, par exemple, de la “Russie” comme véritable patrie porteuse de vérité et de justice, etc. Avec l’intention de discuter de manière critique l’état actuel (a) des outils d’une sociologie et d’une sociosémiotique culturelle du conflit ; et (b) d’essayer ensuite d’évaluer leur efficacité et leur capacité heuristique également dans l’analyse des discours, de la rhétorique, des énoncés et des images (ainsi que des pratiques sur le terrain) de cette guerre généralisée et hybride. Il s’agira également de construire une recherche autour du « visage de la bataille » ( John Keegan) en tant que dispositif de la vision et de la communication : regard, point de vue (regard sur la bataille ou dans la bataille), mais aussi de « mise en image », de la représentation picturale et visuelle jusqu’à celle que les technologies actuelles (drones, satellites, armes intelligentes) rendent possible une vision et une forme « en réseau » de la bataille et une vision « partagée », communiquée et divulguée comme élément essentiel dans la stratégie contemporaine. L’objectif de la recherche serait donc d’explorer, d’un point de vue sociosémiotique, politique, historique, anthropologique et stratégique, la question de l’expérience sensible et en même temps tactique-stratégique de la guerre et de la bataille.
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