À l’occasion de la sortie l’an dernier des « Selected Papers » en pas moins de 4 volumes regroupant l’ensemble des articles de Sinfree Makoni, le Cerlis a invité le chercheur en France afin de mieux faire connaître son travail.
À l’occasion de la sortie l’an dernier des « Selected Papers » en pas moins de 4 volumes regroupant l’ensemble des articles de Sinfree Makoni, le Cerlis a proposé à Université Paris Cité de l’inviter en France afin de mieux faire connaître son travail. Si ce chercheur est parfois cité pour ses écrits communs avec Alastair Pennycook pour des ouvrages majeurs, son approche du langage, en Afrique notamment, s’est forgée dès les années 90 alors qu’il enseignait dans différentes universités sud-africaines. Né au Zimbabwe, Makoni a étudié à l’université du Ghana puis a obtenu son PhD à l’université d’Edinburgh, en Ecosse. Il a travaillé longtemps en Afrique du Sud (University of the Western Cape, Bellville, Afrique du Sud et la University of Cape Town, Afrique du Sud) avant de devenir successivement Andrew Carnegie African Diaspora Fellow à la Laikipia University au Kenya puis professeur au département de Linguistique Appliquée dans le Program in African Studies, à la Pennsylvania State University où il exerce toujours.
La thèse majeure de Makoni, qui rejoint celle de rares autres chercheurs comme Harris, réside dans l’affirmation que la notion même de langue (tout autant que celle de dialecte) est une invention européenne qui a été imposée à l’Afrique lors de l’évangélisation par les missionnaires puis de la colonisation. Pour Makoni, la conception du langage en Afrique en termes de « langues indigènes » découle directement du concept européen de “langues”, ces dernières étant assignées à leur écriture et leur standardisation. Elle résulte de la projection coloniale d’un concept occidental sur une réalité communicative pourtant radicalement différente. C’est en ce sens qu’il défend l’idée que les langues africaines seraient le fruit d’écrits européens.
À partir de cette révolution épistémologique majeure, il poursuit une recherche autour des enjeux post-coloniaux, décoloniaux lié à la mise en valeur du concept de Global South, dont il parlera lors de sa conférence organisée le 12 octobre à Université Paris Cité.
Pour en savoir plus
- Entretien réalisé par Cécile Canut et Mariem Guellouz pour le numéro 50 de la revue Semen : Le langage engagé. Perspectives politiques critiques en sciences sociales du langage.
- Sinfree Makoni, Language in Africa, Selected Papers, Vol. 1, International Association for the integrational Study of Language and Communication.
- Sinfree Makoni, African Applied linguistics, Selected Papers, Vol. 2, International Association for the integrational Study of Language and Communication.
- Sinfree Makoni, Linguistic Ideologies, Sociolinguistics myths and discours Strategies in Africa, Selected Papers, Vol. 3, International Association for the integrational Study of Language and Communication.
- Sinfree Makoni, Languages and language planning in Zimbabwe, Selected Papers, Vol. 4, International Association for the integrational Study of Language and Communication.
- Sinfree Makoni et Alastair Pennycook, « Disinventing and (Re)Constituting Languages », Critical Inquiry in Language Studies, no 2/3, 2005, p. 137-156.
- Sinfree Makoni et Alastair Pennycook (dir.), Disinventing and Reconstituting Languages, Bristol, Multilingual matters, 2007.
- Sinfree Makoni et Alastair Pennycook, Innovations and Challenges in Applied Linguistics from the Global South, Routledge, London-New-York, 2020.
- Ashraf Abdelhay, Sinfree Makoni et Cristine G. Severo, Language Planning and Policy: Ideologies, Ethnicities, and Semiotic Spaces of Power, Cambridge Scholars Publishing, 2020.
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